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Femmes au canapé ou Le Divan (1921)

Huile sur toile

Musée de l'Orangerie

On se repose en attendant la fin de l'après-midi. Deux femmes tournent le dos à la fenêtre, l'une allongée sur un canapé plongée dans sa lecture, l'autre assise derrière elle, perdue dans ses pensées. La scène est vue d'en haut et le quadrillage au sol est comme vu en plan.
Nous sommes dans une chambre de l'hôtel de la Méditerranée à Nice, celui que Matisse évoquait ainsi : « Un vieil et bon hôtel, bien sûr ! Et quels jolis plafonds à l'italienne ! Quels carrelages ! J'y suis resté quatre ans pour le plaisir de peindre. Vous souvenez-vous de la lumière qu'on avait à travers les persiennes ? Elle venait d'en dessous comme d’une rampe de théâtre. Tout était faux, absurde, épatant, délicieux. »
Dans cette toile, les personnages sont sommairement indiqués et les objets rejetés sur les côtés, comme des éléments secondaires. Ce qui importe ici, c’est la fenêtre, un leitmotiv récurrent dans l’œuvre de l’artiste. Les obliques du divan et du rideau à droite, de la coiffeuse à gauche, dirigent inexorablement le regard vers la fenêtre. Elle est le lieu de passage entre deux univers : celui de l'intérieur, d'un moment d'intimité, de repli sur soi, qu'illustrent les attitudes des deux femmes, et l'extérieur, immense, illimité, intemporel. "Mon but est de rendre mon émotion. Cet état d'âme est créé par les objets qui m'entourent et qui réagissent en moi : depuis l'horizon jusqu'à moi-même, y compris moi-même. Les fenêtres m'ont toujours intéressé car elles sont un passage entre l'intérieur et l'extérieur."